Marion, 13 ans pour toujours

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J’ai souhaité importer un article que j’avais rédigé il y a presque 4 ans maintenant. En effet, la lecture du témoignage de Nora Fraisse m’avait particulièrement bouleversée, dans un contexte qui est plus que d’actualité dans notre société en 2019…

En l’occurrence, c’est la couverture du livre qui m’a interpelée la première : cette jeune fille qui vous regarde fixement, et là, ce titre choc : Marion, 13 ans pour toujours.

 

Cette adolescente est collégienne à Vaugrigneuse au moment des faits, en classe de 4e, plus exactement dans la terrible 4e C. Le 13 février 2013, sa mère laisse Marion seule à la maison pour quelques heures, le temps d’un repas chez une amie avec les deux cadets.

Celui-là sera écourté : Mme Fraisse a un mauvais pressentiment, et quand elle rentre, c’est le drame. Marion ne répond plus, elle n’est déjà plus de ce monde. La jeune fille vient de mettre fin à ses jours, et a pendu symboliquement son portable à côté d’elle, pour couper la parole à tout le monde.

C’est l’effroi, et les questions fusent ; puis vient le moment de la culpabilité. Pourquoi ? A-t-elle laissé une lettre ? Avons-été et sommes-nous des bons parents ? A cause de qui ? Un chagrin d’amour la veille de la St-Valentin ?

Et s’en suit alors un long combat, avec de petites vérités à retardement, mais jamais celles qui mènent à la vérité avec un grand V.

« Cette attitude a attisé notre incompréhension, notre ressentiment, notre peine et, sans doute, ce trouble sentiment de culpabilité qui nous étreint si fort par moments. Nous n’avons rien pu faire pour éviter ce drame. Nous allons tout faire pour qu’il ne frappe pas d’autres familles. Pour cela, il nous faut la vérité. » (N.F.)

En tant que lecteur, on se sent indignés par cet émouvant témoignage de Nora, la maman de Marion. Oui, indignés par les membres de l’Education Nationale qui se lavent les mains de cette affaire, font la sourde oreille et agissent en traître ; indignés par ces élèves de 4e C qui ont poussé Marion à l’acte à cause d’un comportement puéril, et par leurs parents-mêmes, qui ont eu l’ordre de ne contacter la famille sous aucun prétexte, et qui au lieu de cela, se complaisent à lancer des rumeurs, des « on dit ».

C’est également une belle lutte de la part de la « Fraisse family » pour que cesse le harcèlement scolaire, que les personnes qui en sont/ont été victimes en prennent conscience, sortent de leur mutisme et ne reproduisent pas le même acte tragique. 

Matthieu Langlois, Médecin du RAID : Vivre en état d’urgence

couv10987044« Que se passe-t-il sur une scène d’attentat ? Peu de gens le comprennent, peu le savent, beaucoup imaginent. D’autres fantasment… Et certains rapportent de fausses informations. Ce que j’ai vécu, en tant que médecin-chef du RAID est mon quotidien. Nous sommes formés pour “Servir sans faillir ”. Alors pourquoi m’exprimer ? Je le fais surtout pour les blessés dont la plupart ne savent pas comment ils s’en sont sortis. Face à la menace, qu’elle provienne d’armes de guerre ou d’explosifs, tout secours improvisé est d’autant plus inefficace qu’il peut entraîner la mort du secouriste. C’est la règle du métier : on ne peut soigner un blessé alors qu’un tireur est susceptible de nous prendre pour cible. J’ai considéré qu’il fallait avoir le courage de dire la vérité et d’expliquer ce que nous vivons. »

La couverture de ce témoignage m’avait interpelée alors que je surfais sur Livraddict. Directement ajouté à ma Wishlist, j’ai dû attendre cependant quelques semaines avant de le commander et de pouvoir le lire, faute de temps. Désormais, voilà qui est fait !

Mon avis : Ce témoignage est écrit du point de vue d’un médecin du RAID, et retrace le récit des premiers soins, des premiers secours que lui et son équipe ont apporté aux victimes la nuit du 13 novembre 2015, lors de la tuerie au Bataclan à Paris. Des moments terribles, où il a fallu que Matthieu Langlois, garde son sang froid et prenne néanmoins des décisions dans l’urgence. Rassurer les victimes n’a pas été chose aisée non plus. Comment se présenter et obtenir la confiance d’êtres apeurés, qui vivent un calvaire depuis plusieurs heures ?

Par ailleurs, cette immersion est intéressante dans les informations qu’elle nous livre quant au déroulement des opérations de secours ; il est vrai que les victimes ne délimitent pas les frontières pouvant séparer les pompiers, les intervenants du SAMU, les médecins du RAID, entre autres, si ce n’est par leurs blouses respectives. Aussi, Matthieu Langlois souligne l’existence de différences dans leurs manières de procéder lors de telles interventions, malgré une finalité qui reste la même pour chacun : sauver des vies. Cela peut parfois compliquer la tâche sur le terrain, notamment à cause du manque de communication et d’une coordination floue.

Merci pour ce courage ; celui de constater et d’expliquer la vérité aux citoyens. Merci pour le soutien et le secours apporté aux victimes.

Note : 15/20